Bonjour toi!

J’espère que tu es en forme ! Pour ma part, je suis pas mal occupée en ce moment puisque je prépare mon voyage au Brésil. Je pars mercredi prochain pour un peu moins de deux mois, et même si je suis excitée à cette idée, je dois t’avouer que je suis aussi morte de trouille !

Aujourd’hui, je voulais te parler de quelque chose qui m’est arrivé cette semaine et qui m’a fait pas mal réfléchir. Tu le sais peut-être parce que j’en ai pas mal parlé, avant de me lancer dans l’entreprenariat, j’ai connu une désastreuse expérience dans le salariat. J’étais très mal, parce que même si je m’entendais bien avec mes collègues, le comportement de la hiérarchie avait tendance à mettre une très mauvaise ambiance. Mais surtout, je m’ennuyais horriblement et, il m’a fallu du temps pour le comprendre, le rythme ne me convenait absolument pas.

En quittant le salariat, je voulais être ma propre patronne. Ne plus avoir personne au-dessus de moi, ne plus risquer d’être tyrannisée parce que je n’avancerais pas assez vite, ou que j’aurais commis des erreurs (surtout que le stress de me faire engueuler me fait justement commettre des erreurs, bref c’est un cercle sans fin). Si je travaillais pour quelqu’un, je voulais que ce soit dans un esprit de collaboration et ne plus me retrouver dans le rôle de la petite fille à qui on tape sur les doigts parce qu’elle aurait fait une bêtise. Bref, je voulais évoluer dans la bienveillance.

Sauf qu’être bienveillant envers soi-même, c’est loin d’être évident, y compris dans le business. Et j’en ai eu un exemple frappant il y a deux jours.

Il y a deux jours, j’ai tourné une vidéo pour toi (je ne te dis pas le sujet, ça sera la surprise). Je l’ai enregistrée d’une traite. J’étais à fond dedans, tout était fluide, c’était juste génial ! J’ai adoré ce moment, adoré l’énergie que j’y ai mis. Je n’avais même pas à faire de montage, trop cool ! Je lance donc l’exportation de iMovie vers mes fichiers.

Et là, problème technique. Je ne sais pas si je t’en ai déjà parlé, mais mon ordi est vraiment en fin de vie et je lutte quand même beaucoup avec. Genre je suis limite au bord de faire un Tippee pour m’en payer un neuf (mais je le ferai pas, ça me gêne quand même). Bref, la bête se fige, rame à fond, et après une demi-heure à m’être débattue avec, je jette l’éponge et finis par redémarrer.

Et là catastrophe intersidérale: en rouvrant iMovie, je découvre que les deux vidéos tournées dans la journée ont disparu du logiciel ! Evanouies, envolées ! Malheureusement l’exportation n’était pas achevée au moment de redémarrer, donc impossible d’avoir accès au fichier. J’ai fouillé partout avant de me rendre à l’évidence, j’avais perdu ma vidéo.

Du coup, je l’ai re-tournée. Sauf que cette fois-ci, c’était beaucoup moins fluide. Je butais sur les mots. Alors j’ai recommencé. Encore et encore. Sauf que je n’y arrivais pas. Je cherchais mes mots, je me perdais dans mes propos, et je m’énervais.

J’aurais dû stopper. Prendre un livre, aller me promener, faire autre chose et remettre le tournage de cette vidéo à demain. Je ne sais pas si c’était parce que c’était sur ma liste de choses à faire ou autre chose, mais j’étais incapable de m’arrêter. Alors que je savais parfaitement que ça ne donnerait rien et que ça ne servait à rien de m’acharner. J’ai quand même réussi à tourner une version correcte, mais pas avant de m’être fait pleurer d’énervement et de frustration et après 15 essais environ (je n’exagère pas je te jure).

Je n’arrête pas de te parler d’amour et de bienveillance envers soi, et pourtant cette fois-ci j’en ai cruellement manqué. Je suis devenue ce supérieur tyrannique qui s’acharne sur les membres de son équipe. Au final j’en ai ressorti un travail qui est pas mal, mais que j’envisage de remonter ou même de refaire pour différentes raisons.

Je me suis laissé.e emporter par la performance, au mépris de mon propre bien-être. Je suis la seule responsable: je n’avais pas parlé de cette vidéo, je ne m’étais engagée auprès de personne à part moi-même. Et pourtant, j’ai reproduit un schéma que je déteste dans le salariat. Après ça, je me suis sentie coupable et j’ai décidé d’écouter mon corps qui me réclamait une séance de running. J’ai obéi, malgré la pluie et l’orage qui arrivait (mais j’étais pas rassurée, j’aime pas courir sous l’orage).

Etre bienveillant.e envers soi, c’est aussi savoir respecter son rythme. Ne pas trop se pousser parce que quand ça le fait pas, ça le fait pas, tout simplement. Je savais que ça n’allait pas, et pourtant je me suis tellement poussée que j’en ai pleuré et j’étais très mal. Ce n’était pas un moment agréable, mais un rappel nécessaire parce que j’avais clairement besoin d’une bonne claque. Tu n’as pas besoin d’être à tout prix dans la performance, surtout pas au prix de ta santé physique et mentale. Tu as le pouvoir de faire taire le tyran qui peut se cacher en toi et qui parfois décide de trop s’imposer. Je n’ai pas encore la solution miracle, mais dès que je la trouve, je la partage avec toi !

Je te souhaite une belle journée,

Nessy

T’arrive-t-il de t’auto-tyraniser?
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2 pesnées sur “T’arrive-t-il de t’auto-tyraniser?

  • 4 août 2017 à 16 h 19 min
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    Ca m’est arrivé tellement de fois, dans mes projets personnels ! Dans ces moments là, j’aimerais juste me mettre des claques. Le pire, c’est que tout comme toi je me sens incapable d’arrêter.

    Alors, autant parfois je me trouve tyrannique, autant parfois j’ai juste l’impression de le faire par envie viscérale. Et si la différence était plus mince que je le pense ?

    Au fond, je sais que c’est pas top, parce que même si les gens en général aiment le résultat, quand j’ai bossé dans ces conditions j’aime rarement mon boulot !

    Courage et soigne-toi, j’ai cru comprendre que c’était pas la forme.

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    • 4 août 2017 à 18 h 06 min
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      Je pense qu’il y a des deux: on a envie de le faire, de voir le résultat, et à force d’avoir le résultat en tête on se met la pression. On est tellement entrainé.e.s à devoir être productif.ve.s qu’au final on se sent mal si on est pas arrivé au bout de ce qu’on s’était fixé. D’ailleurs je me demande aussi s’il n’y aurait pas un peu l’idée reçue selon laquelle la création ne vaut pas le coup si elle n’est pas faite dans la souffrance ? Je vais creuser 🙂

      C’est normal que tu n’aimes pas le résultat je pense, s’il est associé à des pensées et des moments négatifs et douloureux ça semble logique en fait. C’est ça pour moi en tout cas :/

      Merci choupette ! Ca va mieux que ce matin, même si j’ai encore des courbatures 🙂

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