Je crois que j’ai rarement croisé un mot ayant autant de définitions différentes. Pendant longtemps, je n’ai moi-même pas été certaine de ce que signifiait la féminité, et être féminine, et il m’a fallu du temps et une certaine réflexion pour me forger ma propre opinion là dessus. Est-ce que c’était la manière de m’habiller, de marcher, parler ? Est-ce qu’il s’agissait de traits de caractère, d’une attitude, une sensibilité ? Est-ce qu’il y a des jours où je suis féminine, d’autres où je ne le suis pas ?

J’avais même demandé à un de mes ex ce qu’était pour lui une femme féminine. J’avais eu droit au pire ramassis de clichés du monde: des talons, des vêtements élégants, des ongles longs et soignés, du maquillage mais pas trop, bien coiffée, les cheveux longs etc. J’étais assez atterrée, au point que sur le coup je n’ai pas su quoi répondre. J’ai songé à quel point sa vision, et malheureusement celle de beaucoup d’autres, était étriquée (cette relation a été de courte durée).

Mais si je suis vraiment honnête, c’était aussi la vision que j’en avais. Pas celle que je m’avouais, mais celle qui était implantée là, dans ma tête, et se réveillait souvent malgré moi. C’est sans doute pour ça que pendant des années, je ne me suis pas sentie féminine. Je sous-estimais à l’époque l’impact que ça pouvait avoir sur mon état d’esprit et mon estime de moi-même. Je ne l’ai compris que lorsque j’ai réalisé ce qu’est vraiment la féminité. Et en réalité, ça ne va pas bien loin, il suffit de prendre le dictionnaire.

féminité, nf: Ensemble des caractères anatomiques et physiologiques propres à la femme.

C’est la première définition du Larousse. En gros, si tu es une femme, tu es féminine. Parce que tu es une femme, que tu soies née de sexe féminin et/ou que tu te considères comme femme (la définition ne l’inclue pas, mais elle devrait). Et c’est tout. Il n’y a pas de critère de maquillage, de vêtements, de cheveux longs ou courts, d’attitude, etc. Le jour où j’ai compris ça, où je l’ai vraiment intégré, j’ai aussi su pourquoi je n’avais pas pu me sentir bien avec moi-même. En me déclarant non féminine, je me privais toute seule de ce que je suis, une femme. Il n’y a ni enjeu particulier, ni pression. C’est de l’ordre de l’être, un état de fait qui ne peut être changé, en tout cas certainement pas par le fait de refuser de porter des talons.

Mais si c’est si simple, pourquoi continue-t-on à se recevoir des remarques du type « tu devrais porter une robe, tu serais tellement plus féminine. » ? Parce que, malheureusement, la plupart des gens semblent avoir retenu la deuxième partie de la définition:

Ensemble des traits psychologiques considérés comme féminins

Et lorsqu’on regarde la définition de féminin:

Qui a les caractères reconnus traditionnellement à la femme

C’est de là que vient le problème. Socialement et historiquement, la féminité est associée à différents éléments: la maternité en tout premier, tout ce qui concerne l’entretien du foyer, l’élégance, le raffinement, le joli, le beau, des qualités comme la délicatesse ou la sensibilité. La féminité, c’est de l’esthétique en grande partie: on dira d’une femme qu’elle est féminine si elle correspond à certains critères, si elle se glisse dans certains comportements. Ces critères sont en général difficiles à atteindre tous, et surtout, c’est loin de convenir à toutes les femmes !

Car il n’a pas encore été prouvé scientifiquement qu’aimer nous maquiller, nous coiffer, marcher avec des talons hauts, lire des magazines, aimer le rose ou être sensibles soient inscrits dans nos gênes. Je t’en avais déjà parlé lors de la fête des mères, nous vivons dans une société genrée, où dès leur plus jeune âge filles et garçons sont poussés à se comporter d’une manière qui correspondrait à leur genre. C’est particulièrement vrai pour les filles, puis les femmes.

La féminité est en plus aussi valorisée qu’elle est dévalorisée, puisqu’associée à des comportements et goût considérés comme futiles. En gros si tu ne rentres pas dans le moule, tu n’es pas féminine, mais si tu y rentres, tu n’es pas prise au sérieux. Comme trop souvent dans la société où nous vivons, les femmes sont de toute façon perdantes.

Le terme même de féminité a fini par perdre tout son sens, au point où ne pas se sentir féminine provoque un malêtre. Etre dite féminine c’est presque se faire traiter de femme superficielle. Pourtant, rien de tout ça n’entre en compte.

Tu es une femme ou tu te considères comme femme ? Tu es féminine. Ton corps, peu importe son aspect, est féminin. Ta féminité n’est pas quelque chose que tu dois rechercher, fuir ou prouver, elle est bel et bien là, elle fait partie de toi et s’exprime comme tu l’entends, et pas autrement.

Je te souhaite une belle soirée!

Qu’est-ce que la féminité?
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