Je te l’avais promis cet article, alors le voilà ! Et très franchement, il y a deux ans, si quelqu’un m’avait dit que j’écrirais quelque chose avec ce genre de titre, je lui aurais ri au nez. Parce que le sport, clairement, ça n’avait jamais été mon truc. Pourtant, j’en ai lu des articles à la sauce « Je n’avais jamais fait de sport mais je suis maintenant une pro du saut périlleux à dos de poney. Ca a changé ma vie, et si moi j’ai réussi, tu peux ».

Niveau zéro

Non non non, on ne me la faisait, pas à moi. Ces filles, elles étaient clairement venues au monde avec des baskets aux pieds. Ou alors leur corps était conçu différemment du mien. Moi, je n’en étais pas capable. J’étais à la fois admirative et très agacée par ces nouvelles sportives, d’autant plus que ça me ramenait à mon propre manque de volonté et mon incapacité à faire la même chose.

Il faut dire que mon passé sportif n’est pas franchement glorieux. J’ai testé la danse classique, que j’ai fini par arrêter principalement parce que la prof me faisait peur (j’avais sept ans). Puis, j’ai tenté le tennis, inspirée par une amie qui était passionnée par ce sport. J’étais d’une nullité affligeante et j’ai rapidement jeté l’éponge. Puis, une autre amie m’a fait découvrir la gymnastique rythmique. Cette fois je me suis accrochée pendant au moins six ans je crois, pratiquement toute mon adolescence, jusqu’à ce que la prof arrête son activité suite à un conflit avec l’association de la ville.

Mais le pire était sans aucun doute le sport à l’école, qui pour moi relevait plus de la torture et de l’humiliation. Comme beaucoup, j’ai connu l’angoisse d’être choisie la dernière lors de la constitution des équipes pour les sports collectifs. C’est malheureusement arrivé très souvent et je vivais le vraiment très mal à l’époque primaire et collège. J’étais maladroite, pas forcément très habile. Au tennis de table (pourquoi ne pas l’appeler ping pong, franchement?), j’étais coincée durant des heures à la table des plus mauvais. Et, puis, comme sous le coup d’une malédiction, mes performances étaient déplorables même dans les sports où pourtant j’aurais pu me distinguer: j’étais assez souple et je faisais de la gym, mais j’avais la grâce d’un manche à balai en danse. Je passais mes été à nager durant des heures dans la mer, et pourtant j’évoluais telle l’enclume en natation.

Le sport à l’école a été un vrai traumatisme pour moi, et je pense pour beaucoup de monde. En même temps avoir un adulte qui te crie dessus et de charmants camarades qui se moquent de toi n’aide pas vraiment à apprécier l’effort physique, et au mieux te condamne à une bonne thérapie une fois adulte.

Quelques années plus tard, mon opinion était faite: le sport, c’était un truc de masochiste et je n’aimais pas tellement avoir mal. A part quelques tentatives par-ci par-là, souvent dédiées à perdre du poids, je n’ai pas fait grand chose de ce côté là.

Quand les habitudes changent…

Puis, l’année 2016 est arrivée pour clôturer une année 2015 désastreuse, qui pour différentes raisons m’avait vraiment mise au fond du fond du trou. Je venais en plus de vivre une rupture et comme à chaque fois pour moi, passée la douleur de la séparation, j’ai eu envie de tenter de nouvelles choses. Et puis tant qu’à faire, de perdre quelques kilos et de me remodeler une silhouette digne des podiums. Je me suis lancée dans la self-défense, parce que cogner sur des sacs était un bon moyen de me défouler, et aussi pour ma propre sécurité. Et, dans la pole dance. J’en avais envie depuis longtemps et il s’avérait qu’il y avait une école dans ma ville.

Le premier cours a été particulièrement douloureux, physiquement et mentalement. J’ai appris que des années sans sport ne se récupéraient pas si facilement et que mon corps avait visiblement envie de me le faire payer. J’avais mal, j’étais découragée, j’avais envie de m’enfoncer sous ma couette en me répétant à quel point la vie est injuste, tout en mangeant du chocolat (ne me juge pas). Pourtant, une petite voix, m’a poussée à réessayer. Et je l’ai écoutée.

Un an et demi après, je me suis mise à faire du sport régulièrement. J’ai commencé la course à pieds, le yoga et j’ai même essayé une semaine de surf (du coup je me suis fait mal, du coup j’ai dû trainer ma carcasse chez l’ostéopathe. Y a des bons et des mauvais côtés). Au fil des mois, j’ai vu mon corps changer, se muscler. J’en suis arrivée à un point où je faisais du sport pratiquement tous les deux jours. Au-delà de trois jours sans activité physique, je glissais doucement mais sûrement vers l’état de Greemlin.

Oui tout pareil

Et oui, je suis devenue l’une des ces nouvelles sportives qui m’agaçaient tant ! Bon, je ne suis pas aussi à fond que beaucoup d’entre elles, mais je me défends. Cette année et demi m’a appris que non le sport n’est pas un instrument de torture pratiqué dans les écoles (quoique parfois j’en doute encore), mais aussi qu’il ne sert pas qu’à maigrir (merci les magazines féminins, vraiment. Pas.).

Le sport et ton rapport au corps

J’avais fait du sport dans l’optique de perdre du poids, de modeler un corps dans lequel je me sentirais enfin bien. Mais il m’a apporté bien plus que ça: j’ai senti le mouvement de mes os, de mes muscles. J’ai appris que j’avais de la force. J’ai été surprise des capacités cachées de mon corps, notamment en découvrant que je suis très souple du dos, et de ce qu’il est capable de faire avec de l’entrainement. Etrangement, c’est lorsque mon apparence a commencé à changer que ces changements n’ont plus eu tant d’importance que ça. Ou plutôt, ils devenaient les témoins de ma métamorphose, un peu comme pour Hulk, mais sans le vert et les crises de colère.

Jamais je n’ai eu autant la sensation que mon corps m’appartient. Alors oui, je me blesse, j’ai mal, le souffle coupé, je dégouline de sueur et parfois j’ai tellement de bleus que je ressemble à la schroumphette et parfois j’ai tellement de bleus que je ressemble à la schroumphette, mais c’est largement compensé par la satisfaction de pousser mon corps au-delà de ses limites et de me dépasser.

Alors toi qui me lis, derrière ton écran, peut-être que tu te dis que c’est un peu facile à dire et que le sport c’est pas du tout ton truc. Mais faire du sport c’est avant tout prendre soin de toi et de ton corps, exprimer de la gratitude pour tout ce qu’il t’apporte (dire merci c’est la base après tout). Il existe une multitude de sports différents, et il ne tient qu’à toi de trouver le tiens, ou d’en changer tous les 36 du mois si tu préfères. Ton corps te dira merci, et ton mental aussi!

Si tu veux lire des textes ultra inspirant sur le corps, je te conseille le blog de Christelle Guibouin.

Passe une belle journée !

Nessy

Comment le sport a changé mon rapport à mon corps
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