Espères-tu la validation?

 

J’ai longtemps été quelqu’un qui n’aimait pas particulièrement les conflits.

J’ai le souvenir, petite fille, de l’autorité de ma mère et de la manière dont elle pouvait se mettre très en colère lorsque je faisais une bêtise, ou que je me comportais mal d’une manière ou d’une autre. Mes parents ne m’ont jamais punie, mais je savais que si je faisais quelque chose de mal, ou que j’avais une mauvaise note, je me ferais sacrément engueuler. En gros ça marchait un peu à la peur dans ces moments là.

Une psy que j’avais consultée il y a un peu plus d’un an avait conclu que j’avais peur des conflits et que je me plaçait instinctivement dans le rôle de la petite fille, que c’était pour cette raison que je tentais de faire plaisir à tout le monde.

En fait j’ai réalisé que ça va plus loin que ça: j’ai besoin de la validation d’autrui. Réaliser ça a expliqué beaucoup de choses de mes comportements passés et de mes relations, amicales comme amoureuses, mais aussi professionnelles. Je me souviens notamment de mon dernier job salarié: je n’aimais pas les tâches que je devais effectuer, je m’ennuyais et très honnêtement je me fichais du succès de la boite comme de ma première paire de chaussettes. Et pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’avoir besoin qu’on trouve que je faisais du bon travail, que j’étais efficace, une bonne employée. Tout comme je me sentais réellement mal quand on me faisais une remarque plus négative (alors que, encore une fois, je n’étais absolument pas attachée à ce que je faisais et à l’endroit où je travaillais).

Pareil pour mes relations amoureuses: je voulais, j’avais besoin qu’on me voit comme la fille cool (si tu as lu/vu Gone Girl, tu sais de quoi je parle). J’avais besoin également qu’on valide mon couple, qu’il soit reconnu comme « un couple heureux », quelque chose de calqué sur un modèle que je me faisais dans ma tête (probablement construit par ce qu’on peut nous montrer dans la culture et les médias). Du coup je n’osais pas signifier mes désaccords, soulever le conflit, ou même juste être vraiment moi-même.

Bien évidemment, je n’avais aucune conscience de tout ça, j’agissais sans forcément comprendre ce qui m’y poussais.

Il y a un an et demi, j’ai découvert Lyvia Cairo (cours voir ce qu’elle fait si tu ne la connais pas encore!) et j’ai pu mettre un nom sur ce que j’avais: le syndrome de la bonne petite fille. J’avais ce besoin de faire plaisir, d’être reconnue comme « sage », qu’on me donne des bons points. Etre celle dont on admire le parcours, à table aux repas de famille. J’avais du mal à m’empêcher de faire ce qu’on attendait de moi, en m’auto-persuadant au passage que c’était ce que je voulais.

C’est quelque chose qui touche beaucoup de femmes, à divers degrés (je t’en reparlerai lorsque je traiterai de sexualité notamment). Sauf que lorsque ça se transpose à ta vie d’adulte, ça peut avoir des conséquences dramatiques. A force d’avoir besoin de la validation d’autrui, j’ai réalisé à quel point je m’empêchais de vivre ce que je voulais vraiment, et à quel point je me mettais des barrières, qui pour la plupart n’existaient en fait que dans ma tête.

C’est de moins en moins le cas. Mon besoin de validation a diminué en même temps que mon estime de moi a augmenté et que j’apprenais à mieux me connaitre, à décoincer mes croyances limitantes.

J’ai appris à ne plus accepter de rester avec quelque chose qui me chiffonne, qui m’énerve ou me frustre (de toute façon ça sort d’une manière ou d’une autre…) et j’apprends doucement mais sûrement à dire non quand j’ai juste pas envie de faire un truc. C’est pas forcément évident cette histoire, mais parfois il faut dire non à quelqu’un d’autre pour se dire oui à soi-même (aka la pensée philosophique du jour).

 

Le fait est que pour n’importe quel domaine que ce soit, personnel ou professionnel, la validation que tu attends risque fortement de ne jamais arriver. Personne ne va venir te taper sur l’épaule pour te dire « Hey, c’est bon tu peux y aller, tu as les capacités et le talent, ça y est. C’est le bon chemin. » A moins que tu le demandes expressément. Et encore.

Ceci dit, si ça peut t’aider, je te valide moi: c’est bon, vas-y, tu as tout ce qu’il faut. Si c’est la voie que tu veux, c’est celle que tu dois suivre.

Mais en vrai, la seule personne à pouvoir te valider, c’est toi-même. Personne d’autre n’a le pouvoir de le faire, même si tu en as l’impression. Et le secret, c’est que la plupart du temps, tu n’a besoin de personne pour faire exactement tout ce que tu veux (bon ok, si tu veux être chirurgienne il te faut quand même la validation d’un diplôme hein).

Malheureusement, le temps que tu passes à attendre gentiment que quelqu’un vienne te prendre par la main et t’envoyer là où tu dois aller, c’est du temps où tu reste bloquée dans une situation qui ne te convient pas, du temps où tu ne fais pas ce que tu veux. Où tu pourrais t’exercer, progresser, développer tes talents et les montrer au lieu de les retenir et d’en priver le reste du monde.

C’est un peu dommage non ? Hésite pas à partager ton rapport à tout ça, ou tes tips pour passer outre si tu en as, je suis preneuse!

Des poutous!

Nessy

 

P.S. : Viens me dire comment tu vas, ça fait longtemps!!

Sinon j’ai adopté un petit chat, tu peux voir sa bouille sur Instagram: https://www.instagram.com/nessy_ady/

Et j’ai tout plein de trucs sur le feu dont il faut qu’on cause. Je te laisse le suspense quand même.

Espères-tu la validation?
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